Perles de Verre

 
Invention et fabrication du verre
Le verre existe dans la nature sous forme d’obsidienne, que l’on retrouve comme associé à l’activité humaine dès 100.000 avant JC, rarement en tant que parure, le plus souvent en tant qu’outils ou armes. Les premiers verres fabriqués par l’homme le sont en Mésopotamie, environ 4000 ans avant JC, essentiellement sous forme d’enduits glacés « vitrifiés », non translucides, posés sur des céramiques. C’est en Egypte, vers 1500 avant JC que le verre translucide apparaît et est utilisé pour faire des bijoux. Ce sont les grecs qui assurent la diffusion de perles translucides et multicolores. Une longue période de déclin de l’art verrier en Europe s’installe avec l’effondrement de l’empire romain, pour ne renaître qu’au XIII ième siècle à Venise grâce aux contacts maintenus avec l’Asie par l’empire byzantin. C’est à Venise, sur l’île de Murano, que naissent les célèbres millefiori qui vont devenir un objet de commerce très important et qui sont aujourd’hui des pièces de collection très recherchées. La fuite de certains verriers désireux de fuir la tutelle étouffante de Venise contribue à la création des importants centres verriers de Bohème.

 

Les voies de diffusion des perles de verre.
Des perles de verre sont régulièrement retrouvées dans les fouilles archéologiques de l’Egypte ancienne. Plus tard, les romains du côté européen et les chinois sur la route de la soie en assurent une large diffusion. Ensuite les commerçants arabes développent un commerce de perles indiennes avec l’Afrique. Bien plus tard, vers la fin du 15ième siècle, les perles fabriquées en Italie (Venise essentiellement), puis en Europe centrale, commencent à diffuser dans le monde entier pour inonder progressivement l’Afrique, ainsi il a été calculé qu’en 1880 plus de 2700 tonnes de perles de verre ont été exportées d’Europe vers l’Afrique. Ces exportations se sont très brutalement éteintes au moment des décolonisations. En Afrique, particulièrement au Ghana, en Mauritanie et au Nigéria, la production de perles locales et parfois très originales garde un certains dynamisme, essentiellement par recyclage de la poudre de verre.

 

Verroterie et traite africaine
Durant plusieurs siècles les commerçants européens et arabes utilisent les perles (en même temps que la poudre d’or et les cauris) comme monnaie d’échange des marchandises ; la très grande majorité des perles que l’on trouve encore sur les marchés africains datent de cette époque dite de la traite. Leur valeur ne cesse de progresser, autant du fait de leur raréfaction inéluctable que de leur charge historique.
 

 

Les MILLEFIORI

PERLES-DE-VERRE_Millefiori_image_Présentation

 
 
Parmi les pâtes de verre d’origine européenne rencontrées sur les marchés africains actuels, les Millefiori occupent une place originale.
Tout d’abord, il est très difficile de les dater. Si leur introduction semble s’être arrêtée avant la fin de la 1ère guerre mondiale, il est difficile de déterminer si la perle date du XVIIIè ou du XXè siècle, tant leur technique a été remarquablement stable.
Si la grande partie est d’origine vénitienne, certaines perles peuvent être hollandaises ou allemandes, des verriers italiens y ayant émigrés au XVIIè siècle pour ce lucratif et intense trafic.
De couleurs et de techniques très variées, elles sont immédiatement reconnaissables à leurs mosaïques de petites fleurs, qu’elles soient sphériques, cylindriques, losangiques ou en forme d’olive.
 
 

 
 

Les CHEVRONS BLEUS

PERLES-DE-VERRE_ChevronsBleus_image_Présentation

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Les premières perles à chevrons bleus vinrent d’Egypte, datant de la 18è dynastie.
Les plus anciennes perles ont été trouvées à Madagascar dans des villes arabes de la côté nord-ouest de l’île entre le VIIè et le Xè siècle.
 
Plus tard, elles furent fabriquées à Venise et servirent très largement lors du commerce des esclaves, avec une diffusion dans toute l’Afrique.
Ces très anciennes perles sont parfois rencontrées sur des marchés africains. Pour les dater, il faut recourir à des études de laboratoire.
 
 

 
 

L’OEIL

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Parmi les nombreux motifs ornant les perles, celui appelé « L’Oeil » a depuis l’Antiquité une très grande faveur.
Il lui est attribué la capacité de protéger du mal en écartant le « mauvais oeil ».
Sa diffusion est mondiale et on le retrouve sur tous les continents.